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La bossa nova

Eléments culturels de l’Amérique latine (épisode III)

Lire épisode II sur le mariachi.
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Si on me demandait quel style musical a marqué un avant et un après dans la musique brésilienne, en la dotant de son identité d’aujourd’hui, je répondrais sans sourcilier: la bossa nova.

La bossa nova est un genre musical né principalement de la fusion de la samba et du jazz. Son origine remonte aux années 50, moment où la ville de Rio de Janeiro commença à donner naissance à des expressions acoustiques nouvelles. Les pères fondateurs de la bossa (ainsi l’appelle-t-on en Amérique latine) sont Joao Gilberto, Antonio Carlos Jobim (plus connu sous le nom de Tom Jobim) et Vinicius de Moraes. Deux étapes importantes marquèrent le début et l’apogée de ce mouvement musical (je me réfère ici au processus culturel et social qui a entouré le développement et la consolidation de la bossa) : l’énorme succès du film « Orfeo negro » (du français Marcel Camus), dont la bande sonore contenait beaucoup de chansons de bossa, et le tube « Garota de Ipanema ». La bossa connut une réception si ample qu’elle traversa les frontières et réussit même, pour un temps, à se faire une place dans le marché musical des Etats-Unis (Frank Sinatra et Ella Fitzgerald reprirent des morceaux de bossa en anglais).
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Pour ce qui concerne le Brésil, l’influence de la bossa a été déterminante dans la production musicale du pays. Preuve en sont les styles musicaux qui sont apparus postérieurement, tels que la MPB (Musique Populaire Brésilienne) ou le tropicalisme.

La bossa nova étant très liée à Rio de Janeiro, beaucoup de chansons se réfèrent à cette ville qui vit naître le mouvement. L’amour, l’amitié, la joie ou la tristesse sont pourtant les thèmes récurrents des chansons de bossa nova.
Les interprètes les plus célèbres sont (entre autres): Vinicius de Moraes, Tom Jobim, Joao Gilberto, Toquinho, Maria Creuza, Elis Regina, Os Cariocas et Baden Powell. Les chansons les plus connues: “Garota de Ipanema”, “Insensatez”, “A Tonga da Mironga do Kabuleté”, “Chega de Saudade” et “Tristeza”.
Je vous invite à écouter de la bossa car elle provoque en nous une attraction très particulière, si forte qu’elle est parvenue, malgré son succès limité ces dernières années, à conserver un public vivant. Vivez cette expérience, que vous ne regretterez pas.
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Franco Soto Angelotti,
Etudiant argentin à la Universidad de San Andrés, Buenos Aires
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Traduit de l’espagnol (Argentine) par Quentin Jagorel

Un Commentaire

  • Jack
    Posté le 27 April 2012 à 00:15 | Permalien

    Une merveille cette version de “The Girl from Ipanema”.

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