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This Is Not A Love Song Festival : Jour 2

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TINALS : Jour 2

Trois mots : Rock and Roll. Ce deuxième jour de festival est placé sous le symbole d’un Rock and Roll dont on apprécie, du psychédélisme charmeur de Melody’s Echo Chamber au garage hyper violent de J.C.Satàn en passant par le classic rock efficace de King Tuff, la diversité et l’éclectisme.

Arrivé au TINALS à 18h30, je loupe de peu la conférence de presse de Melody’s Echo Chamber. C’est rageant mais on se rattrapera avec le live de la belle aixoise. A peine le temps d’échanger un peu avec quelques uns des autres médias présents ici à Nîmes qu’il est déjà temps de se rendre à l’interview du groupe J.C.Satàn (que je réalise conjointement avec nos amis de Noisy Colours). Et c’est un moment génial que nous partageons avec les bordelais de Jean-Claude ou Jésus-Christ Satàn (« comme vous voulez », nous répondent-ils avec humour), riant et parlant musique autour d’un pastis désinhibant et fédérateur. Belle première interview du festival donc, et c’est ensemble que nous filons voir The Intelligence, groupe indé (what else ?) tout droit sorti de Seattle. L’ambiance est déjà chaude, et les quatre vétérans américains prennent un plaisir communicatif à jouer leur rock agressif et aiguisé.

Pas le temps de s’éterniser cela dit, je ne veux absolument pas rater une seconde fois Melody’s Echo Chamber. Nous arrivons donc, haletants, devant la scène du « Club », et c’est une overdose de sensualité qui nous y attend. Melody, accrochée à ses synthétiseurs, chante de sa voix rêveuse et lointaine. Mais c’est aussi une véritable déflagration psychédélique que pilote la jeune femme : accompagnée de deux guitaristes incisifs et d’un batteur aux yeux rivés obsessivement sur ses fûts, on sent l’influence de Kevin Parker (Tame Impala), maître à penser et producteur du projet. Le concert se termine et nous retrouvons, bien qu’encore transis d’amour pour cette muse, les J.C.Satàn pour discuter une dernière fois avant leur live.

Et voilà les trois bordelais, accompagnés de leurs deux italiennes, qui tiennent la promesse qu’ils nous avaient formulée quelques minutes plus tôt : « Le live sera garage et violent ou ne sera pas ». Leur garage rock déferle bientôt dans toute la salle. Je suis au cœur de l’action, bataillant au milieu d’un pogo où l’inconscience et l’ivresse m’ont précipité. Les riffs, plutôt discrets en studio, résonnent puissamment et les solos sont jouissifs. Le tout est un joyeux bordel, dont la cohérence étonne.

Epuisé par ce déchaînement jubilatoire, j’arrive pour les quinze dernières minutes du set de Nick Waterhouse. L’angeleno (de Los Angeles donc) nous plonge, avec ses saxos et ses chanteuses, dans un rock 50s calme et délicieusement groovy. On ferme les yeux et on s’imagine, l’espace d’un instant, dans un club de la côte Ouest.

Je regarde ma montre et il est déjà l’heure de mon interview avec King Tuff. L’américain est totalement défoncé mais reste pro, et notre entretien, bien que court (quinze minutes, le forfait réglementaire pour la presse), est très sympathique. De retour dans le centre névralgique du festival, je file voir Guards, nouveau projet de l’hyperactif Richie Follin (déjà membre des groupes Cults et The Willowz). Le public dans la salle est clairsemée mais le rock alternatif tendant sur la new wave des new-yorkais est tout à fait appréciable. Un goût que je partage avec Melody, derrière moi, qui dodeline du chef avec approbation.

Je troque la fin de ma flasque contre le dernier vinyle de J.C.Satàn et me voilà en route pour aller écouter King Tuff.  Trio minimaliste  – guitare, basse, batterie – mais furieusement efficace, ils proposent un Rock and Roll pur et dur, sans fioritures. King Tuff s’éclate à la guitare et sa voix, claire et forte, s’immisce parfaitement entre les lignes électriques d’un concert qui donne tout son sens à l’appellation « live ».

Dernier à s’élancer ce soir, l’immense Amon Tobin présente pour l’occasion un nouveau set étonnamment composé uniquement de dubstep. Et si l’on est quelque peu déboussolé au départ, ce patron de la musique électronique fait preuve d’un bon goût saisissant, faisant régner une atmosphère de véritable Rave Party dans la salle nîmoise. Le light show est parfait et la salle danse sans relâche jusqu’à 3h, dans un maelstrom sonore étourdissant. J’arrive à temps pour la dernière navette qui nous ramène, exténués, l’esprit déjà tourné vers un lendemain que l’on imagine enchanteur, dans le cœur de la Cité au crocodile.

Rémy Pousse-Vaillant, avec P.G.

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