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Le Mariachi

Eléments culturels de l’Amérique latine (épisode II)

Relire l’épisode I: la petite histoire du tango

Le Mariachi est un des symboles culturels du Mexique les plus connus. Egal au danseur de tango en Argentine ou au chanteur de flamenco en Espagne, ce personnage n’est pas seulement, comme on le dit souvent, l’emblème du Mexique, il est aussi le référent par excellence de la musique de ce pays.
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L’origine du mariachi remonte à l’époque de la colonisation espagnole en Amérique. Certains des instruments principaux utilisés aujourd’hui par les mariachis sont des créations des peuples natifs qui vivaient sur les terres de l’actuel Mexique. Ils furent fabriqués en copiant les instruments apportés par l’envahisseur espagnol ; un exemple de cela est la vihuela, réplique de la contrebasse ibérique. Parallèlement à son aspect instrumental, il convient de mentionner l’origine du style musical du mariachi.
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Pendant la période de domination espagnole en Amérique, une forte politique d’évangélisation fut promue par la Couronne et mise en place par l’Eglise catholique. Une conséquence de cette politique a été le remplacement des chansons que le peuple coca (originaire de Cocula, territoire situé dans l’Etat de Jalisco, à l’ouest du Mexique) avait créées en l’honneur des dieux aztèques par des cantiques à la gloire de la vierge Marie. Pour cette dernière raison, une théorie sur l’origine du nom « mariachi » indique qu’il serait la transcription phonétique de la façon dont les cocas appelaient la vierge Marie (une autre théorie, très fréquente, soutient que le vocable français mariage est à l’origine du mot « mariachi », et ce fait serait lié à l’invasion française du Mexique au XIXème siècle). Les cocas initièrent par ailleurs la tradition des instruments à corde, en cherchant à créer des chansons plus belles, et construites avec des fins religieuses.
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Les mariachis et leur musique arrivèrent à Mexico au tournant du XIXème siècle et, perçus comme ancrés dans la culture rurale, ils ne jouirent pas au début d’une réception favorable dans les classes aisées de la capitale mexicaine. Pourtant, avec le temps, les mariachis parvinrent à traverser les classes sociales, ainsi que les régions du pays –urbaines ou rurales-, si bien que, grâce à la large diffusion offerte par les médias de masse encore balbutiants à l’époque, ils étaient déjà devenus, vers 1950, l’insigne de la nation mexicaine au niveau international.
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Une caractéristique très spécifique aux mariachis reste encore à être abordée : leur accoutrement. Ce-dernier, aujourd’hui devenu une tenue de gala, est un fidèle reflet des coutumes vestimentaires dans le monde rural mexicain. Le chapeau de « charro », ample et circulaire, associé au pantalon, au veston (orné habituellement de pierres précieuses incrustées) et au mouchoir placé sur la poitrine sont les éléments principaux du costume. Le lecteur notera la ressemblance troublante que cette tenue entretient avec celle des toreros espagnols, à l’exception du chapeau.
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Les principaux représentants de la chanson mariachi sont Elpidio Ramírez,  José Alfredo Jiménez y Manuel Esperón, entre autres. Les chansons les plus connues : “El rey”, “Cielito lindo”, “El mariachi loco”, “La media vuelta” y “Aquellos ojos verdes”, pour ne citer que les plus populaires.
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Si vous avez la chance d’aller au Mexique, n’oubliez pas d’assister à un spectacle de mariachis, c’est une expérience formidable.
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¡Viva Jalisco y viva México!
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Franco Angelotti Soto,
Etudiant argentin à la Universidad de San Andrés, Buenos Aires
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Traduit de l’espagnol (Argentine) par Quentin Jagorel

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