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Rencontre avec Laurence Tolhurst, membre fondateur de The Cure

Laurence Tolhurst vit à Los Angeles. Avec son groupe Levinhurst, il prépare actuellement un nouvel album et une tournée. Déjà, trois albums à l’atmosphère électronique et mélancolique : Perfect Life (2004), House by the Sea (2007) et Blue Star (2009). Fondateur de The Cure, batteur et claviériste qui a enchanté les esprits aux côtés de Robert Smith et Michael Dempsey, il livre une interview entre confidence et tendances.

cuureDe gauche à droite : Laurence Tolhurst, Robert Smith et Michael Dempsey.

Pourriez-vous évoquer la première émotion musicale de votre enfance ?

Je me souviens avoir entendu des chansons sur le petit poste de radio de ma mère, quand j’avais trois ou quatre ans. La chanson de Gene Pitney Twenty-Four Hours From Tulsa me faisait particulièrement peur. Pourquoi n’a-t-il jamais pu rentrer à la maison ? C’est dans ces paroles et ces musiques que j’ai découvert pour la première fois le pouvoir de la musique.

Quel est votre synthétiseur préféré, quand vous jouez ?

Je n’ai pas de véritable coup de cœur pour un synthétiseur, comme je ne suis pas un claviériste confirmé. J’aime tout ce qui m’inspire. En ce moment, c’est l’Analog Keys d’Elektron.

Comment composez-vous avec Levinhurst ? Au piano ? Au synthétiseur ?

À vrai dire, avec tout ce qui est à portée de main. 

En France, The Cure a donné une structure spirituelle et intellectuelle à la jeunesse de ma génération. Selon moi, l’atmosphère de vos chansons se place à la croisée du romantisme de Percy Bysshe Shelley et de l’esthétique de Charles Baudelaire. Mais quelle a été l’inspiration littéraire dans le groupe ?

Lorsque nous étions plus jeunes, l’inspiration venait d’Albert Camus, bien évidemment, et de Franz Kafka. A l’époque, Robert étudiait la littérature française à l’université, et nous avons lu tout ce qui nous passait sous la main. Charles Baudelaire est venu, me semble-t-il, plus tard comme inspiration.

Dans la discographie de The Cure, quelle est votre chanson préférée ? Et pourquoi ?

Hélas ! Je n’ai pas de chanson préférée. C’est comme si on demandait à un père de choisir son enfant préféré. Non, j’aime toutes celles qui ont une signification particulière pour moi, et les chansons auxquelles j’ai participé. C’est une part indivisible de ma vie.

Vous aimez Kraftwerk… Quoi en particulier dans la musique de Kraftwerk ?

J’aime aussi Can, Captain Beefheart et également les musiques du moment. Je n’accorde pas tant d’importance à mes préférences musicales, sauf à celles qui restent uniques à mes yeux, notamment Kraftwerk. 

Vous habitez en Californie… Henry Miller dit : « Los Angeles donne un sentiment du futur, beaucoup plus fort que n’importe quelle ville que je connaisse ». Moi, hélas, je suis poète, je vis seulement à Paris… Que pouvez-vous dire au sujet de Paris, quand vous êtes arrivé pour la première fois dans cette ville ?

C’est le désert que j’aime en Californie. Le pouvoir purement spirituel d’un endroit est merveilleux pour moi et relativement inconnu pour l’Européen que je suis, jusqu’à ce que je découvre cette région. Cet endroit est dans ma vie, là où je suis toujours heureux de retourner. À Paris, j’ai eu également beaucoup de joie. J’ai vécu là-bas pendant une année et j’ai beaucoup apprécié. J’ai gardé de bons amis de cette époque. Pour moi, c’est toujours lié à mes expériences. Par exemple, j’ai eu une vie bien remplie à New York, mais je ne suis pas si friand de cette ville.

Vous écrivez… Mais quoi exactement ? Poèmes ? Romans ? Un journal intime ?

J’ai toujours écrit dans toutes les formes possibles. J’espère à l’avenir révéler cela au grand jour. Des paroles plutôt que des poèmes, toutefois. Mon fils est devenu un jeune poète bien connu. Nous avons peut-être cela dans le sang !

Avez-vous des projets en cours ?

Je termine l’album de Levinhurst. Nous pensons faire une tournée, avec quelques dates, dans un esprit bien différent des concerts traditionnels des groupes. J’en suis très heureux.

Entretien réalisé et traduit par Nicolas Grenier

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