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Playlist PdC #75 : Le Turc Mécanique

A l’occasion des trois ans de son label, Charles Crost – fondateur du Turc Mécanique – nous offre une mise en jambes sous la forme d’une sélection de dix morceaux. Rendez-vous vendredi et samedi soir aux Nautes pour un mini-festival avec l’ensemble des artistes Le Turc Mécanique, célébrant trois années d’un magnifique travail de défense et promotion d’une vision bruyante et minimaliste de la musique indépendante, de la coldwave au shoegaze.

1/ Teledetente 666 – Les Rats

Je suis tombé dessus en même temps que tout le monde – soit deux ans après, si on en croit Bandcamp. Ce groupe est incroyable. J’adore le français rentre-dedans, la violence sonore, cette radicalité, cette hargne. Ca pourrait faire un split merveilleux avec Strasbourg, qui sont sur LTM par exemple. Je les ai ratés lors de leur dernier passage, je m’en veux un peu.

2/ People of Nothing – Haircut The Grass

Signé chez nos amis Anywave, People of Nothing est un type basé à Dublin. Son post-punk soft est magnifique, les mélodies sont folles, la mise en son par Aurelien Delamour est au millimètre, parfaitement équilibrée entre âpreté et délicatesse précise. Une des plus jolies sorties de l’année dernière.

3/ Plurabelle – Blood

Du pur Stellar Kinematics : bizarre, « nouvelle wave », électronique, un peu dansant, hypnotique mais très abordable. Ces roumains ont fait aussi un superbe album qu’il serait idiot que vous n’achetiez pas. Plurabelle est un grand groupe, j’adorerais les voir à Paris.

4/ Sleaford Mods – Jobseeker

Pour boucler la boucle ! C’est par la playlist que Last Night avait « curatée » dans ces colonnes que j’avais découvert Sleaford Mods. C’est le meilleur groupe au monde, ni plus ni moins. Ils sont au dessus de tout, des scènes, de la musique, tout le monde s’en prend plein la gueule. Si tu ne comprends pas les paroles, tu les devines. Les mecs sont universels.

5/ Seventeen At This Time – Bobby Beausoleil

J’aime penser que Seventeen est le groupe le plus romantique du monde. Ils sont gracieux comme personne mais semblent porter le poids du monde sur leurs épaules. Ce n’est pas un groupe torturé, c’est bien plus que ça. C’est ultra fin, très beau, mystérieux, ignoré par tous, et pourtant… Wow.

6/ Frank (Just Frank) – Die in Bed

C’est marrant d’avoir mis, un peu par hasard, FJF après Seventeen. Je les avais fais jouer ensemble lors de leur tournée finale, pour une quasi-release party des Seconds à l’Espace B. La première fois que je garantissais un cachet fixe. Je me pissais dessus. On y était tout pile. J’adore ce groupe, leur album sur Weird est sans faille, parfait de bout en bout, je me sens comme une adolescente goth en l’écoutant. Je suis très triste que ce soit fini, j’espère que le fait d’avoir été classé dans les 100 meilleurs albums de la décennie par Fact Mag va bouger le cul de Chris, le leader, pour se remettre en selle.

7/ The KVB – Never Enough

Après tout, c’est d’eux qu’était le premier morceau de la première compilation du label. Never Enough a été l’un des chocs sonores qui m’ont plongé dans la musique souterraine actuelle. Tout était parfait, le son, le minimalisme, la mélodie. Aujourd’hui, je les aime moins, ils sont moins durs, plus psyché… Mais ce morceau là est toujours fou.

8/ Blithe Field – In The Moonlight

Pareil, il était sur notre première compile, avec un morceau bien plus noise. C’est le seul type sur le catalogue dont ma coloc’ est fan. Après cet album sur Poulpe Mort, je ne sais pas du tout ce qu’il est devenu. Il est sûrement reparti dans son coin faire du sampler dans sa chambre. Pourtant, qu’est-ce que c’est beau !

9/ Black Zone Myth Chant – Triangle Cop

Laitdbac Records – j’ai réussi à l’écrire du premier coup ! – a réédité cette cassette de High Wolf l’an dernier. Je l’assimile vachement à des choses de chez Opale Tapes, même si, après 2000 écoutes successives, j’admets que c’est, bel et bien, un disque de hip-hop. Je n’y comprends toujours rien mais ça me met dans un état second, et c’est ça qui est un peu magique.

10/ Danny L. Harle – In My Dreams

Plaisir non coupable, petite sucrerie, mi-con mi-génie. Pour rendre ce que je dois à The Drone, c’est l’article d’Olivier Lamm sur le sujet qui m’y a ramené après une répulsion initiale. Ce morceau est addictif, écoutez-le 10, 20, 30 fois. A un moment donné, vous ressentirez, une seconde durant, cette envie de tout plaquer pour plonger dans le monde bizarre de leur label, PC Music. Et vous vous rappellerez que tout ça n’est que du plastoc, et que c’est parfait comme ça.

Retrouvez Le Turc Mécanique sur Facebook et ce weekend aux Nautes pour les trois ans du label.

Recueilli par Paul Grunelius

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