PROFONDEURCHAMPS

Jul, rappeur analphabète ou philosophe cicéronien ?

Jul a sorti trois albums l’année dernière : deux disques d’or, un de platine. La chanson qui l’a tiré de l’anonymat, Sors le cross volé, comptabilise aujourd’hui 25 millions de vues sur sa chaîne Youtube. Vingt-cinq, c’est aussi le nombre d’années qui nous séparent de sa naissance. Aujourd’hui, ses chansons tournent en boucle à la radio et sont l’objet d’une reconnaissance légitime de références de la culture populaire française. Booba, le Duc du rap français l’a encensé dans les Inrocks en mars 2015 : « Bah j’aime bien JUL. Quand j’ai entendu son morceau Dans ma paranoïa [aujourd’hui vingt-huit millions de vues sur Youtube], je savais que ça allait être un hit. J’ai l’oreille. Quand je remets un morceau deux ou trois fois parce qu’il m’intrigue c’est qu’il y a quelque chose. Je me trompe rarement ». Les paroles addictives de Jul sont même régulièrement twittées par Nabilla : « Met pas trop le feu sa sent le Poulettt !!! » (tweet du 12 juin 2014).

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Pourtant, jamais gloire n’a paru si bancale. Jul est l’objet d’insultes et de menaces de mort quotidiennes, accusé de décrédibiliser la scène actuelle du rap français. Sous chacune de ses 139 chansons postées sur Youtube, d’immenses bagarres divisent les internautes : ses défenseurs sont aussi ardents que ses détracteurs, à l’image de Crisi720 : « jul il bosse ses son pour que des pd comme toi qui save que critiquer si t aime pas t écoute pas alors ferme ta geul monsieur blanc xD ». Les motifs de moqueries ne manquent pas : dans ses titres, des fautes d’orthographe ; dans ses sons des décalages rythmiques auto-tunés ; dans ses clips, une grimace rubiconde quand la voix vire à l’aigu ; dans ses interviews, des réponses timides d’une stérilité effroyable. Le vrai Patron du rap français, Akhenaton, est plus avare en compliments que Booba : « je suis pas fan du tout de l’auto-tune… je l’entends depuis le Raï en 1988 » (Konbini, 11 avril 2014) – le leader de IAM ne vend hélas plus le dixième des disques dont Jul accouche.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La voici l’interrogation qui vous hante. A l’heure où Youtube, Soundcloud et Deezer permettent à tout chanteur du dimanche de se connecter à l’humanité entière, pourquoi est-ce précisément Jul qui perce ? Pourquoi lui, et pas les milliers d’autres aspirants-rappeurs français qui postent quotidiennement leurs chansons, souvent plus sophistiquées ? Comment expliquer que ce soit lui, teinture blond-tribal et survêts boudinés, qui incarne l’air du temps au travers de chacune des notes et des punchlines dont les conservateurs s’agacent ?

« En deux minutes je décris ta life »

Jul, c’est le Léonard de Vinci du XXIème siècle – en opposition à Raphael et ses armées de petites mains. Auteur, compositeur, musicien, interprète, auteur, arrangeur… Homme-orchestre, il est une incarnation contemporaine du courant artistique du pré-raphaëlisme refusant que l’art se retrouve dans les mains d’artistes-managers à la Jeff Koons. Depuis la spécialisation scientifique, ce phénomène d’érudition complète parait avoir disparu – c’était sans compter sur Jean-Jacques Goldman, Jean d’Ormesson, Romain Gary et Jul. Il est un artiste dont chaque facette nourrit les autres, offrant une cohérence d’une immense rareté entre le personnage, les paroles, la mélodie et la voix.

En ressuscitant le processus d’écriture automatique consacré par les surréalistes dans la première partie du XXème siècle, Jul se donne les moyens d’exprimer son ainsité, loin des calculs-marketing qui norment les succès musicaux convenus. Dans une de ses précieuses interviews, il explique son processus créatif avec une simplicité à toute épreuve : « si je suis assis, et il y a mon pote à côté qui fume, je vais écrire ‘’je suis assis, et mon pote fume’’ ».   

J’ai pas la tête à inventer (Briganté)

En deux minutes je décris ta life (Le rap me console)

Je dis tout haut ce que les gens pensent tout bas (Mon son vient d’ailleurs)

Ça me dégoûte : y a des gens c’est des fils de pute (bis) (Ca me dégoute)

Fais pas ci, fais pas ça (J’oublie tout)

.

L’univers sonore est aussi la manifestation spontanée de la cohérence de l’artiste, fait de productions sucrées qu’il pond seul, sur son ordinateur. Après avoir « poncé le logiciel de musique », Jul est devenu capable de sortir un hit par jour, et il ne se gêne pas. Ses clips, de facture-maison sont aussi le fruit d’un bricolage à mille lieues des hyper-productions voisines qu’il éclipse.

Excroissance de l’artiste complet, la « Team Jul » incarne la continuité de la cohérence artistique qui ne se limite pas à son géniteur, et lui échappe au point de faire bourgeonner les hommages et serments d’allégeance sur internet.

« Nous on connaît la sensation de cabrer à deux sur la selle, on connaît la galère »

Évacuons immédiatement les critiques sur la teneur des propos tenus par Jul, notamment dans son hit Sors le cross volé où Jul chante « Te déshabille pas, je vais te violer », ou encore dans Nique-le, où l’on entend à répétition « Nique-le ». La haine véhiculée dans certains titres, ainsi que l’apologie du petit crime qui paye, tient plus de la mise en conformité de certains sons à la catégorie Trash-Ego-Trip. Cet univers fait partie intégrante du Hip Hop et ne saurait être remis en cause au sein de la palette d’un rappeur aussi complet que Jul.

Après trois disques d’or, Jul continue à poster des vidéos de cabre en scooter 50cc trafiquoté, exaltant sa simplicité pendant deux minutes, sans casque. Il est la voix d’une jeunesse désabusée à qui les autres rappeurs qui percent finissent par tourner le dos, au nom des prétendus attributs de prestige et de gloire auxquels ils goûtent. Jul, lui, continue à tourner ses vidéos avec humilité et entre copains, et il ne produit pas un son sans leur rendre hommage, notamment ceux en prison. Il parle de la galère simple et quotidienne sans y adosser la nécessaire contrepartie glorieuse que les autres rappeurs forgent pour compenser.

Ça mangeait à quatre sur un billet (Désolé)

Que des maboules qui font des bracos sous cagoule (Je fais tire mes nike)

Pourquoi tu restes au tier-quar ? Je ne sais pas, je ne peux pas partir (le rap me console)

Excusez-moi mon Dieu d’avoir revendu la drogue (Malade)

Plan foireux ça se finit en balade (Malade)

J’suis pas trop bord de mer, caviar et Pago (Dans mon dél)

Tu le sais que j’en bave, que j’ai quitté les études (Au quartier)

Pour nous tout est difficile, nous on ne connait pas le maire de Marseille, nous on connait la sensation de cabrer à deux sur la selle, on connait la galère (Y a des mecs comme ça)

Faut que tu comprennes que l’Etat nous l’a mise… Faut que tu vois ce qu’on vit ici, c’est pas facile (J’en ai marre de tout)

 

« Sache qu’avant tout je suis pauvre, y a que mon cœur à piquer »

Mieux, Jul est une des seules voix de la culture populaire pour qui le bonheur est central. L’imaginaire de « soirée en buvette » est omniprésent dans ses sons, sacralisant les instants de réunion entre amis – sans évocation aucune de champagne, de femmes ni d’armes. Il n’hésite d’ailleurs pas à démonter les clichés mis en avant par le gangsta-rap.

Dieu sait comment ça finira si tu fumes, tu bois, tu t’en mets dans le nez (Mon son vient d’ailleurs)

J’ai pas la belle caisse, j’ai pas des millions (Senora)

Fais pas le propre tu lèches de chattes à la Jonquera (Au quartier)

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La beauté réside dans les choses simples. Comme William Morris voyait dans l’artisanat et la beauté des objets du quotidien le salut de la classe ouvrière, Jul esthétise les moindres détails de son quotidien dans la lignée du mouvement Arts and crafts. Si l’univers du sud fonctionne auprès de tous, c’est qu’il est ici évoqué avec une chaleur authentique que l’on ne retrouve que trop peu : Jul c’est la nouvelle manifestation des figures littéraires incarnant leur territoire ensoleillé, au même titre qu’Alphonse Daudet, Marcel Pagnol ou encore Georges Brassens.

Je profite de ma life, de mes amis (Profite)

En buvette je pense (T’as coulé)

Je roule en buvette (J’oublie tout)

Buvette, fumette, un plan on arrive en survet’ (Dans mon dél)

Fin de soirée en buvette (Tu la love)

C’est le son qui découpe, quand tu es en buvette (Dur d’y croire)

« survêt-claquettes-soufflette » (Sors le cross volé)

Dans mon dél, je suis à l’aise (Night)

Alors je m’en tape de vos discours, derrière le bonheur moi je cours (J’oublie tout)

 

La culture populaire est plus qu’assumée. Jul rend même hommage aux éléments festifs qui, avant lui, ont permis d’exalter le bonheur de monsieur tout-le-monde. Dans Le temps passe, Jul salue ainsi la fin des années 1980 et Nuit de folie : « Je m’en tape, tape, tape, c’est ma façon d’aimer ».

Il n’est pas de meilleure définition de Jul que celle que Sartre a formulé presque trente ans avant sa naissance : « Un homme fait de tous les hommes, qui les vaut tous, et que vaut n’importe qui ».

Seulement, un artiste ne se limite pas à incarner l’ensemble des hommes, il s’efface derrière eux pour mieux exprimer les transcendances que le commun des mortels ne peut que ressentir.

« Elle m’avait promis le ciel mais j’ai pas vu d’étoiles »

Jul est un romantique qui fait désespérément la cour à une fille déjà prise. En évoquant avec récurrence  une muse qui lui a « fendu le cœur », il établit un parallèle avec le processus créatif des grands auteurs – évoquons Capitale de la douleur de Paul Eluard après sa rupture avec Gala partie dans les bras de Dali à Figueres. Il n’hésite pas à employer la deuxième personne du singulier pour inclure directement l’auditeur, au même titre que Michel Butor qui a bouleversé les codes narratif dans la Modification : « Tu fais le mec qui t’en tapes, mais tu meurs pour elle » (Tu la love).

Je regarde la lune avec un flash (Mon son vient d’ailleurs)

Autour de mon cœur, des fils barbelés (Elle)

J’ai regardé la lune, la tête dans les étoiles, une barre je fume et je pense à toi (Malade)

T’étais vraiment amoureux d’elle, elle t’a fait tourner la tête : dans son dos tu fais le rebelle et quand tu la vois, tu baisses la tête (Tu la love)

 

Sa sensibilité est d’autant plus exaltée qu’il dévoile son intimité familiale. Son œuvre est notamment réalisée à destination de sa mère et de son petit frère, pour lequel il joue le rôle paternel après « l’absence du dar’ ». La résurgence de la famille, est un élément central de la culture populaire depuis les années 2000, de Sniper, avec Sans repères, à la Sexion d’Assault qui se complaît dans l’amour maternel en projetant le pire dans Avant qu’elle parte.

Je suis malade, j’ai vu ma mère pleurer (Malade)

Et pour papa, c’est pas grave, je vous aime quand même (Le sang)

Faut que je m’éloigne d’ici, que j’emmène ma mère (Le sang)

Pense à ta mère quand tu te sens seul, quoi qu’il arrive elle t’aimera (T’es pas le seul)

 

« J’ai le buzz, je ne le fête pas »

Si l’artiste arrive à s’effacer derrière son œuvre, c’est aussi par le mouvement volontaire d’expression de son humilité. Dans ses interventions publiques, Jul n’a de cesse de répéter qu’il est « un mec normal ». Il existe une requête récurrente dans ses sons les plus récents. Au même titre qu’Ulysse se lie au mât de son bateau pour résister aux chants des sirènes, Jul implore ses amis de l’aider à garder la tête sur les épaules.

Dis moi qui je suis, dis moi si je fais des fautes, des fois je ne sais même plus qui suivre (Dans ma paranoia)

Je suis resté le même malgré le nombre de vues sur mes clips (Profite)

En ce moment je vois le buzz mais j’essaie de garder la tête (Dans mon dél)

Dites moi si j’ai changé, si je ne suis plus le même (Dans ma paranoia)

 

Une chose est sûre, Jul n’est pas dans la posture : il est fébrile à l’égard de son succès.  Au sujet de Charly, son manager tué fusillé sur l’autoroute, Jul rend un hommage formidable : « il croyait plus en moi, que moi je crois en moi » (Lacrizeomic 2)

Je ne suis personne, je n’ai pas à me vanter (Briganté)

Je veux pas changer pour de la maille (Malamadre)

Je suis pas Mesrine moi (Lacrizeomic 2)

Je sais très bien que je suis pas Tupac, bande de folles… Pourquoi vous êtes jaloux ? (Lacrizeomic 2)

 

« T’es pas le seul (x12) »

Jul ne se donne pas une dimension supérieure aux autres, puisqu’il en est l’égal. Seulement, il n’est pas que le support de « l’air du temps », il en est un acteur. De manière toute naturelle, il crée et diffuse des codes et un vocabulaire propre. Il est le leader d’une communauté qui se retrouve même par un geste d’allégeance consistant à réaliser un J et L avec les mains. Il est générateur d’une véritable mythologie générationnelle qui se repose sur l’esprit populaire qu’il exprime. En premier lieu des thèmes propres à la France d’aujourd’hui dont il est porte-parole : le fantasme de la solitude.
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C’est un thème consacré par les propos des artistes qui trouvent le plus d’adhésion spontanée chez le commun des mortels aujourd’hui, Sexion d’Assault en a fait la preuve dans le tube Désolé.

Je suis dans ma paranoïa… laissez-moi sur ma route, j’en ai plus rien à foutre (Dans ma paranoia)

Je calcule rien je fais ma vie (Dans ma paranoia)

Laissez-moi je suis dans mon délire (Briganté)

J’ai pas la tête à inventer (Briganté)

Ce soir y a rien à faire, laissez-moi je suis ailleurs (Senora)

Mieux vaut rester seul que trainer avec des faux-culs (T’es pas le seul)

Acteur de la culture qu’il porte, Jul n’hésite pas à approfondir sa critique de la catégorie étriquée d’artistes gangsta-rap qui n’élargit pas son spectre au-delà de l’égo-trip. Ainsi, la loyauté est centrale dans son œuvre : elle est la cause et la conséquence des galères et des succès. Il prend parti et laisse son empreinte sur l’air du temps qui n’est plus l’objet d’une description, mais d’une appropriation.

Tu connais la devise : si tu m’as trahi, ne me fais plus la bise man (Au quartier)

Maintenant tu manges avec les loups, et tu pleures avec les bergers (Anti-BDH)

Putain c’est rempli de traitres à l’horizon, ces traitres c’était mes potes et j’en ai des frissons (Désolé)

Trahi par les potes (Seuls sur cette planète)

J’ai plus d’amour j’suis à sec… Pété sur l’autoroute A7… (T’as coulé) [en référence à son ami et manager fusillé]

Vous êtes en cellule, je prie pour vous voir revenir (Le rap me console)

 

« Fais pas la misère aux gens, que ça soit un cramé ou un boch, qu’il soit en Vans ou en Dolce »

C’est alors tout l’apport de la mythologie Jul qui nous intéresse, mais il convient de ne pas se limiter à l’impact sur la société dans son ensemble, ni à son esprit actuel qu’il s’approprie. Ce qui fait le panache de Jul, c’est qu’en dépit de son humilité et son effacement, c’est un meneur. Son apport n’est pas à analyser dans son ensemble, mais dans l’individualité de sa manifestation. La force de Jul, c’est qu’au travers de ses vers, il porte un message qui parle à chacun, pas nécessairement à tous – en comparaison avec les « rappeurs conscients » aux messages politiques.

La tolérance revient énormément dans son œuvre, elle est néanmoins à différencier de celle que prône par exemple IAM dans des monuments comme Demain c’est loin ou La fin de leur monde, ou dans une certaine mesure Médine, dont les messages politiques portent des critiques des formes d’autorité, de puissance publique ou de légitimité morale. Lorsque Jul s’avance sur le terrain des valeurs, il ne parle qu’aux individus, pas aux groupes.

Bisou sur le front de mes ennemis : on ne se ressemble pas, mais on a les mêmes vies (Profite)

Désolé si je me suis manqué, que j’ai pété les plombs (Désolé)

Tu vis pour le regard des autres : t’as coulé, tu fais pleurer ta mère : t’as coulé (T’as coulé)

Chez moi, je fais pas le Tony, j’ai pas pris la grosse tête (Tout seul)

Faut pas s’en mêler mais si c’est deux amis, poto calme-les (Mon son vient d’ailleurs)

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Cette approche individualiste peut faire l’objet de critiques. Au lendemain des attentats de janvier, Jul n’a pas pris position publiquement –à la différence de Médine par exemple, ce qui ne constituait pourtant pas une évidence. En dépit de sa notoriété et de son champ d’influence, Jul n’est pas intéressé par la formulation d’un message politique qui extirpe l’individu de sa vie pour l’inscrire dans une entité qui l’englobe voire le dépasse. Jul façonne une œuvre du ressenti, dans son acception profondément individualisée, pas du collectif.

« Est ce que sous terre on va pourrir ? On va tous mourir »

Conscient de cette dimension personnelle, Jul joue de l’influence de ses paroles sur chaque individu composant son auditoire. Il ne veut pas changer le monde : au mieux, il veut changer les hommes qui le font tourner. Entre les lignes, vous saurez alors déchiffrer un message qui transcende la simple expression de l’air du temps : Jul s’attaque au sens de la vie. Pour lui, le succès n’est pas une réponse suffisante.

Je fais des disques d’or comme les lapins chient des crottes (Respecte)

Je veux pas le succès des gens… Je veux rentrer dans la légende (C’est pas grave)

Je me dis que la vie est courte, qu’on partira tous un jour (J’oublie tout)

.

L’artiste complet en revient au questionnement même de son existence et de son élan créateur. C’est tangible lorsque Jul évoque le succès, le renvoyant vite à la vie et, surtout, à la mort. Pour Cicéron, « philosopher, c’est apprendre à mourir ». S’inscrivant dans la lignée du dualisme de Socrate vu par Platon, pour qui l’âme est prisonnière de son enveloppe charnelle, Jul, par sa philosophie rappée et l’interrogation de son propre succès, n’apprend pas seulement à mourir : il questionne chacun de ses millions d’auditeurs sur le sens de leur vie.

Moi quand je pense seul, dans ma paranoïa je deviens fou, j’parle seul : « Est ce qu’on va tous souffrir ? La belle vie on va se l’offrir ? ». Même si tu m’vois sourire, sache que j’m’attends au pire : « Est ce que sous terre on va pourrir ? On va tous mourir »  (T’es pas le seul)

 

Alexandre Lourié

36 Commentaires

  • fifiroz
    Posté le 25 mars 2015 à 14:16 | Permalien

    J’aime bien Jul mais j’ai un peu honte de l’avouer

    • Alex
      Posté le 25 mars 2015 à 19:03 | Permalien

      c’est pas grave, vous êtes 20 millions dans ce cas !

  • Alex S
    Posté le 27 mars 2015 à 16:17 | Permalien

    Enfin un article recherché qui exprime ce que je ressent quand j’écoute JUL. Quand je dis à des personnes que j’écoute JUL souvent on me dit c’est de la merde etc… Les gens ne se basent pas sur les texte mais uniquement sur le son et la gestuelle ce qui est dommage je trouve…

    • mabite93
      Posté le 20 août 2015 à 13:33 | Permalien

      Mais ils ont bien raison, parce que c’est de la bonne grosse merde. Avez-vous seulement entendu cette logorrhée mongolienne diarrhéique et autotunée au possible?

    • lamouche
      Posté le 22 janvier 2016 à 06:47 | Permalien

      Bah encore heureux qu’ils ne se concentrent pas sur les textes ! L’absolution est plus facile à accorder à quelqu’un qui aime Jul pour sa gestuelle ou sa ”musique” qu’à quelqu’un qui en apprécie les paroles !

  • Posté le 29 mars 2015 à 22:43 | Permalien

    Ecouter Plutôt du : Lino , Swift Guad , Paco , Jarod …. du vrai Rap les Gars

  • Valentin
    Posté le 28 avril 2015 à 10:53 | Permalien

    La bassesse de la moquerie qui se cache derrière cette article est désolante .

  • julien
    Posté le 4 janvier 2016 à 06:33 | Permalien

    c’est pour se foutre de sa gueule ou c’est un vrai article Lol ? c’est vrai que je trouve que c’est de la grosse merde ce qu’il fait perso… J’ai du mal à comprendre l’existence d’un tel article….

    • Bobby
      Posté le 3 août 2016 à 00:43 | Permalien

      J’avoue que je me pose également la même question… Dire autant de choses sur Jul !?! en mars 2015 en plus… L’auteur parle de vers, alors que sur chacun de ses exemples, il n”y a pas un seul vers… Même Patrick Sébastien, qui écrit sur des sujets hyper légers, au moins il fait l’effort d’écrire !
      Je vais pas déverser ma haine. Je n’aime pas Jul, j’ai écouté pour voir, j’ai vite éteint Youtube ! Mais j’avoue ne pas comprendre un tel succès… D’accord il fait tout lui même, mais c’est carrément médiocre, mauvais même. Le texte, la musique, les clips, y’a rien de bon. D’accord, c’est un amateur, mais merde quoi !
      Exemple :Un fromager vient te dire qu’il a tout fait lui même mais son fromage est infâme. Bin t’auras beau reconnaître, qu’au moins c’est un travailleur, il n’en reste pas moins que son travail est raté…
      Pour moi, si y’a vraiment a réfléchir sur le cas Jul, c’est que clairement il est le pur produit d’une époque. Moi-même j’ai été élevé par des divertissements audiovisuels, plus que médiocre ! Et puis, j’ai finis par avoir accès a de chouettes choses. D’un coup tu te rends compte !
      Mais quand tu n’a connu que la médiocrité, alors tu t’en satisfait… Y’a qu’à voir tous les programmes pourris à la TV qui pètent les audiences, les radios poubelles, juste bonnes à passer de la pub qui sont numéros un, la littérature d’arrêt de bus qui survole les ventes et enfin, les sites putaclik qui ne cessent de s’accaparer le web ! A force de voir du médiocre partout, on s’en satisfait… Je vois que ça qui peut expliquer le succès de Jul ! Sinon, je perds foi en l’humanité… Ou alors j’ai rien compris !

  • Victoria
    Posté le 6 février 2016 à 18:49 | Permalien

    Jul c’est la base de la base !!!

    • Candicelavaleuse
      Posté le 10 mai 2016 à 09:04 | Permalien

      sors la beuh la plaquette !
      j’suis dans l’game en claquettes
      dans l’karré vip en survet
      viens pas me prendre la tête

    • LucasSqualala
      Posté le 21 décembre 2016 à 18:02 | Permalien

      T’a fumé ton parquet toi c’est juste la base de la sous- médiocritée… Mesdames et messieurs veuillez mettre vos bouchons d’oreille car nous rentrons dans une génération ”musique de merde”. Sérieusement en France les attentats ça suffit pas en plus faut que ce bouffon tue les oreilles

      • Au secours
        Posté le 7 mai 2017 à 12:09 | Permalien

        Justement attentat jul et si on assemble les deux? Attentat au concert de jul et là c’est la d’été des milliers de cons en moins s’il vous plait faites vous péter au milieu d’un concert de jul, je vous donne tout les armes tout ce que vous voulez mais je vous en supplie niquez ce vieux gars qui pourrit le rap et ses fans !!!

    • Posté le 26 février 2017 à 23:28 | Permalien

      Vraiment la base quoi, au niveau 0. Ensuite quand tu montes un peu, y a “la queueleuleu”, “la danse des canards” …

  • Farcie
    Posté le 12 février 2016 à 22:20 | Permalien

    Je ne sais pas qui a écrit cet article, mais vraiment MERCI ! Dans cette page se reflette l’inexpugnable talent de cet homme qui sait nous faire voyager. L’analyse est à la hauteur du don que l’artiste à reçu et je ne peux que regretter les détracteur de ce ponte. Olivier de Kersauson avait dit “L’homme est souvent décevant, mais parfois époustouflant.”, ici la simplicité arrogante de notre parolier et compositeur autodidacte nous retransmet l’illustration de ce message par un “Wesh alors” bien sentit. Qu’il est heureux de savoir que le bête XXème siècle est fini pour de bon.

  • sanse
    Posté le 20 février 2016 à 05:10 | Permalien

    Si t aime pas t écoute pas et puis c est tout. Maintenant il vend des c.d tant mieux pour lui. Ton article est tellement bas que pour en parler faudrait que je me fasse mal au dos. Putain les vrais savent

    • Mickael
      Posté le 22 décembre 2016 à 23:31 | Permalien

      P

    • Au secours
      Posté le 7 mai 2017 à 12:13 | Permalien

      Aucun argument les fans de jul que des sous hommes, vous méritez même pas de vivre c’est pour dire à quel point c’est grave

  • Posté le 24 avril 2016 à 04:41 | Permalien

    C’est vrai je n’aime pas sa musique. Mais ça plaît à bon nombre de personnes. Jul est un artiste et c’est bien de trouver des musiques dans lesquelles on peut s’identifier.

  • louloute
    Posté le 9 juin 2016 à 18:59 | Permalien

    L’auteur de cet article est un putain de GENIE.

  • Christophe
    Posté le 21 juin 2016 à 12:30 | Permalien

    Depuis deux ans mon fils a perdu 50% de vocabulaire, il est devenu incapable de construire une phrase logique, ses résultats scolaires sont en chute libre. Quand je travaille avec lui, je constate qu’il a perdu énormément d’intelligence verbale. Il a les pires difficultés à comprendre l’énoncé pourtant simple d’un exercice de français ou de math. Il répond à côté aux questions les plus basiques. Il perd ses capacités d’abstraction alors qu’il avait 16 de moyenne en sixième. Je fais le constat effrayant qu’un cerveau peut régresser, se déconstruire, si il n’est pas stimulé, s’il ne s’ouvre pas à un minimum de diversité et de richesse.

    Depuis 2 ans mon fils (15 ans) n’écoute que Jul. Il s’enferme dans son casque avec lui.

    La “musique” de Jul est paresseuse, facile, sans originalité. Il fait ses disques au kilomètre, comment prétendre qu’ils sont bons ? Comment prétendre qu’il est humble ?

    Son succès est logique, comme celui des “Marseillais à Rio”, des “Anges de la téléréalité”. Jul est à la musique ce que la dernière pétasse siliconée de téléréalité est au cinéma. Son succès n’est vraiment pas une bonne nouvelle.

  • Jimmy
    Posté le 24 juin 2016 à 11:28 | Permalien

    Alors tu ne peux t’en prendre cas toi meme de laisser ton fils dans cette etat, j’ai 25 ans j’écoute du Jul tous les jours et pourtant je suis loin de l’analyse que tu fais de sa musique.
    Seulement renvoyer la faute de l’incapacité de ton fils et sa fainéantise sur un rappeur est bien plus facile

    • chacha1233
      Posté le 16 novembre 2016 à 18:35 | Permalien

      Je pense que son fils de 15 ans n’a pas le recul que toi tu as à 25 ans quand tu écoutes JUL. Pour votre fils écouter des textes de JUL non stop c’est clair il n’évoluera pas mais tout ça c’est de la faute de cette société de conso album non stop, téléréalité donc forcément les enfants ne savent plus s’exprimer et surtout beaucoup de personnes ne savent plus écrire sans faire des fautes et ça c’est malheureux car l’orthographe française c’est quand même beau et c’est une marocaine qui vous dis ça !
      Pour finir, JUL n’égalera jamais IAM ou bien KERY JAMES… la il y a du vocabulaire

    • Baisselesyeux
      Posté le 7 mai 2017 à 12:18 | Permalien

      Ok jimmy redis une fois que jul est un rappeur et ta tête va tourner plus vite que les centrifugeuses de la NASA tu vas rien comprendre

  • Hervé
    Posté le 13 septembre 2016 à 14:14 | Permalien

    Quand on se penche sur ses textes, on se rend compte qu’il y a tout de même un certain contenu : en gros, il décrit les vicissitudes de la vie à Marseille. Mais bon, on est loin d’IAM…

    Quant à la forme musicale, c’est immonde. L’auto-tune devrait être interdit.

  • heid valentin
    Posté le 8 novembre 2016 à 15:40 | Permalien

    c’est une blague cet article? quelle torcheballe! on dirait un extrait du blog “le cinéma est politique”!

  • LucasSqualala
    Posté le 21 décembre 2016 à 17:59 | Permalien

    Je suis heureux de ne pas écouter ça c’est immonde j’ai 12 ans mais je préfère largement les années 1980/1990… Ah c’est clair que l’époque de Michael Jackson et de la BONNE musique pas commerciales est finie… Quand je dis commercial bien sur tout les artistes font du commercial mais la ce bouffon prend des mots dans le dictionnaire et il en fait un texte, pour être artiste, il faut avoir du talent, MJ par exemple avait extrêmement de talent, Djoule c’est autre chose et oui j’ai écrit Djoule pour les rageux donc tant mieux si ça vous dérange

  • Mickael
    Posté le 22 décembre 2016 à 23:42 | Permalien

    Putain quelle rime de bâtard ( BOOBA )

  • kevin
    Posté le 24 décembre 2016 à 12:27 | Permalien

    musique de merde , textes débiles puis musique (enfin musique non non de la merde..) je ne suis pas rap je suis plus ROck , mais je préfère NTM ou IAM que des merdes comme lui puis d’autres .. actuellement la musique en France m’emmerde !!

  • NNEEIIRR
    Posté le 2 janvier 2017 à 14:46 | Permalien

    Aïe aïe aïe on est tombé bien bas avec ce personnage qu’est JUL
    Ce n’est pas parce qu’il fait ses musiques de A à Z et qu’il a son propre label (ce qui est tout à fait mémorable) qu’il est forcément bien.
    Je pense qu’il tâche le rap Français et l’image du rap en général.
    Je ne vais même pas parler de ses paroles, et puis de toute façon les seuls références rap sont les excellentes années 85-96 Américaine…
    Jul avec sa musique revient à faire un bon bras d’honneur à ce qu’est le rap Français et le rap en général

  • Kracou
    Posté le 5 mars 2017 à 00:08 | Permalien

    De toute façon l’auteur de cet article est un génie ! Je m’explique…
    Si il est sérieux, il a réussi à faire ressortir des

  • kp
    Posté le 5 mars 2017 à 21:58 | Permalien

    je suis d’accord mais j’ai remarqué que tous ce qu’il le critique n’ont pas compris .
    l’auteur ne dit pas que jul fait de la bonne ou de la mauvaise musique cela est subjectif et on ne peut pas le juger mais qu son succes n’est pas le fruit de fruit du hazard mais il est le resultat d’une attente du public

  • Florian
    Posté le 6 mars 2017 à 19:40 | Permalien

    Je ne suis pas rap du tout, et encore moins spécialement Jul… J’avoue être arrivé ici par curiosité après avoir trouvé ce lien sur une vidéo qui parlait de Jul et de son public de façon intelligente…
    Ce que je trouve génial avec les amateurs de rap détracteurs de Jul, c’est qu’ils ont une tendance certaine à encenser des rappeurs qui ont trahis l’esprit du rap… Le rap se veut avant tout une musique populaire, voire de quartiers ? Parmi les rappeurs français les plus célèbres on trouve des gens comme Joey Starr ou Diam’s qui viennent de milieux aisés et sont arrivés dans le rap par fascination des quartiers et de ce qu’ils représentent au yeux de certains… Peut-on parler de “légitimité” ? Les gros rappeurs français sont pour la plupart (je ne dirai pas tous car je ne suis pas assez calé en la matière) chez des gros labels bien commerciaux et bien capitalistes, le genre de chose qui est censé être à l’opposer du rap et de sa culture populaire non ? Les mecs ont réussi grâce aux soutiens des gens des quartiers à qui ils ont tourné le dos en partant vivre aux USA ou d’autre pays exotiques et se vautrant dans le luxe.
    Jul n’est peut être pas le meilleur musicien, parolier, rappeur, réalisateur, chanteur, ou quoi que ce soit. Mais il a l’immense mérite de rester ce qu’il est et ce en dépit, ne vous en déplaise, du succès conséquent qu’il rencontre. Il a le mérite de chanter SA “merde” (pour reprendre les propos de certains) et non pas celle écrite par d’autres. Il a ce mérite de l’authenticité. Et rien que ça, ça mérite d’être salué et respecté. Même si on n’aime pas…

  • théo satorres
    Posté le 9 mars 2017 à 23:46 | Permalien

    Un article très intéressant, personnellement je n’aime pas jul et jusqu’à aujourd’hui je le critiquer sans arguments qui tiennent la route, avec des phrases qui n’avait aucun sens profond.
    Si j’étais dans la critique négative c’est pour plusieurs raison, déjà je ne comprenais pas le message pour moi JUL n’étais qu’une forme de haine envers n importe qui, un connard qui se la pète et qui parle de cul pour intéressé mais en fin de compte je me trompais à son sujet.
    Il parle de divers sujet, avec un language qui est le siens et il est en fin de compte assez révolutionnaire car effectivement contrairement à tout ces jeunes gens des clips bien coiffé, qui sont mis en avant en payant des sponsors, de la pub, jul lui reste naturel et modeste avec une certaine humilité. De toute façon arrêter de le critiquer comme vous le faite c’est idiot et non constructif. Si vous retournez la situation, vous verrez que ceux qui aime jul, on plus d’arguments pour le défendre

    • théo satorres
      Posté le 9 mars 2017 à 23:52 | Permalien

      Après je pense que Jul a dû céder quand même à quelque “technique” et pour moi plus il deviendra connu plus il régressera dans ses idées et sa façon de penser. Le bascule vers la vulgarité facile par exemple.

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  • Par Les pires albums de 2016 – Le L.A.B. le 12 décembre 2016 à 18:34

    […] malgré la pauvreté de sa musique qui consacre le règne de l’auto-tune. Souvent taxé d’analphabète, il laisse des fautes d’orthographe se glisser jusque dans les titres de ses morceaux. Preuve […]

  • […] rapport d’intellectualisation de son environnement social, de son histoire, de ses racines, même si certains voient en lui un rappeur cicéronien. Marqué par une forte défiance de l’État, l’autorité et de […]

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