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Fifax : « La peinture, c’est une histoire d’enfance »

Peintre des métropoles, de New York à Hong Kong, Fifax a posé son chevalet à l’Élysée. Dans son appartement parisien, il raconte sa vie, ses envies. Sa passion, ses ambitions.

Comment êtes-vous entré en « peinture » ?

La peinture, c’est une histoire d’enfance. Comme tous les enfants, je dessinais. Autour de moi, on disait que je dessinais bien. J’ai hélas fait des études catastrophiques. Certains ont la chance d’avoir du talent dans plusieurs domaines. Mais quand on a un talent plus classique, c’est une autre affaire. Moi, je n’avais que le dessin dans ma vie. J’ai donc développé cette activité. La représentation, c’est vraiment ma forme d’expression personnelle. Dès l’enfance, j’ai été porté par l’imaginaire. Avec le dessin, j’ai toujours aimé me créer des mondes. À cette époque, l’informatique n’était pas présente dans la vie de tous les jours. La société vous offrait beaucoup moins d’images. J’ai donc souhaité créer ses images.

À vos débuts, quel était votre peintre favori ?

Dans mon enfance, je n’avais aucune connaissance en art. Par contre, mon père était peintre du dimanche, au sens noble du terme. Il avait un tout autre métier dans la semaine, il était prothésiste-dentaire. Comme mon père peignait, je pouvais donc envisager la peinture. Les premiers tableaux que j’ai vus dans ma vie sont des reproductions de tableau. Il imitait « La Liseuse » de Fragonard, le « Clown » de Bernard Buffet. Également, des tableaux de Paul Cézanne. Certes, je n’allais pas voir d’exposition, mais j’étais déjà confronté à la peinture.

Qu’est-ce que la peinture pour vous ?

La peinture, c’est une façon de raconter ses expériences, ses rencontres et sa vie. Moi, j’aime rêver, et j’aime faire rêver les autres. Dans mes œuvres, j’essaie de faire partager ce sentiment, avec mon public et le monde de l’art, les collectionneurs notamment, c’est très important à mes yeux. C’est toujours un immense plaisir que de leur montrer des univers, par exemple la Garde Républicaine, l’Élysée, ou encore les métropoles du monde à la Galerie Sala Parés à Barcelone.

Sabre au fourreau, 2014

Sabre au fourreau, 2014

 

Dans votre parcours de peintre, quels ont été vos thèmes de prédilection ?

Personnellement, je peins ce que je vis et ce que je vois. J’aime aussi peindre ce que la vie me fait rencontrer. Étant parisien, j’ai un penchant naturel pour la ville de Paris, et plus largement le thème de la ville. Ensuite, j’ai eu un vrai coup de cœur pour New York que j’ai peint chaque année pendant plus d’une décennie.  C’est une ville donc qui m’a véritablement fasciné, et j’ai pu faire des séries de peinture sur New York. J’ai travaillé également sur des villes d’Asie, Hong Kong, Shanghai. Mais ces villes d’Extrême-Orient ont exercé moins d’attraction. En tout cas, dans ma peinture, j’ai toujours tenté de recomposer des mondes. J’aime le côté utopique que l’on peut retrouver chez des peintres vénitiens, tels que Canaletto ou Guardi. Bref, à partir de toute la matière dont je dispose, je créé de nouveaux univers.

Mon New York à moi, 2008

Mon New York à moi, 2008

 

De quel tableau êtes-vous le plus fier dans votre œuvre ?

Dans ma jeunesse, j’ai beaucoup été marqué par le dessin animé et les décors de cinéma, par exemple dans le film « Hôtel du Nord » ou même « Tarzan ». Ils contiennent toute une poésie et une magie qui m’ont toujours séduit. Pour répondre à votre question, ce serait mon premier tableau avec un personnage dans une baignoire. À cette époque, je vivais dans un appartement très ancien à côté du Canal Saint-Martin, quartier qui n’était alors pas branché. J’avais récupéré l’appartement de mon grand-père qui était soumis à la loi de 1948. Tout fonctionnait aux 110 volts, j’avais de gros interrupteurs. Dans cet univers d’après-guerre, j’ai fait mes premiers tableaux. Aujourd’hui, je mettrais naturellement en avant mes tableaux peints sur l’Élysée. Exposer dans ce lieu a été une expérience incroyable !

Justement, à ce sujet, comment avez-vous travaillé sur vos tableaux de l’Élysée ?

Vous le savez, les projets se font souvent de façon aléatoire. Jusqu’en septembre 2015, je ne savais pas le nombre de tableaux que j’allais exposer au Palais de l’Élysée pour les Journées Européennes du Patrimoine. Dans mon travail de peintre, il y a toujours un sentiment d’urgence. Pour l’Élysée, j’ai travaillé durant l’été, le jour, la nuit. Quand un projet se présente, il faut foncer. Naturellement, avant de me lancer, j’ai un temps de réflexion et de préparation. Mais l’urgence crée, pour ma part, une forme de stimulation.

Jardin d’hiver, 2015

Jardin d’hiver, 2015

 

Pourriez-vous évoquer vos futurs projets pour l’année 2016 ?

Aujourd’hui, le contexte en France est, il est vrai, complexe. Comme j’avais déjà travaillé sur la Garde Républicaine, je pense continuer autour de cette thématique. En effet, la Garde Républicaine est, d’une certaine façon, le garant des institutions de la République française, le Sénat, l’Assemblée nationale et naturellement l’Élysée. À l’Assemblée nationale, le titre de mon exposition pourrait d’ailleurs être « État des lieux ». Je développe également des projets aux États-Unis. Aussi j’ai eu la chance de travailler avec Philippe Coupérie Eiffel, arrière arrière-petit-fils de Gustave Eiffel, cela m’a permis d’exposer au grand-duché du Luxembourg, je vais préparer, je pense, une exposition en Russie sur l’univers d’Eiffel, avec des peintures et des structures en fer.

Entretien réalisé par Nicolas Grenier

Site officiel : http://www.fifax.com/

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