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Nicolas Lutz à Petit Bain

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Avant cette nuit du vendredi 9 septembre à Petit Bain, j’avais manqué à deux reprises mon rendez-vous avec l’uruguayen, Nicolas Lutz. Il avait déjà joué à Paris depuis que j’avais entendu son nom pour la première fois et les retours sur les soirées manquées avaient été sans équivoque. En compagnie de cet artiste voyageur connu pour rassembler longuement la foule avec intensité autour de ses vinyles, qu’il décèle çà et là à travers le monde, la soirée allait sans aucun doute être surprenante. En outre, j’apprenais peu de temps avant l’ouverture du club parisien que son confrère Andrew James Gustav étant malade, le résident du Club der Visionaere de Berlin et de ToiToiMusik de Londres se retrouverait seul aux commandes. Il aurait donc l’opportunité de nous compter une histoire musicale de huit heures, dans un de mes clubs favoris de la capitale. La rencontre s’annonçait parfaite.

Arrivée à point nommé aux alentours d’une heure du matin, je retrouvais d’emblée cette ambiance chaleureuse et unique du lieu. Comme à son habitude, le personnel accueillait avec le sourire et il n’était plus vraiment question de sécuriser mais bien davantage de préserver l’atmosphère si familière. En descendant dans la cale je retrouvais Nicolas Lutz en plein set, accompagné intelligemment par le système son L-acoustics du club et une population prometteuse. Celle-ci n’a cessé de danser que lorsque l’ingénieur-son a coupé la musique, chacun adhérant à sa façon au voyage que proposait ce maître immuable de la techno dans sa dimension mystérieuse. A l’instar de ce que veut représenter son récent label My Own Jupiter, l’artiste a offert un ticket pour l’espace en jouant les vinyles les plus inattendus dans une concentration acharnée, alignant les phases expérimentales et pointues de la techno avec harmonie, variant les genres avec une eurythmie étonnante.

Bien que l’absence d’Andrew James Gustav ait été annoncée au dernier moment, Nicolas Lutz était en somme tout à fait prêt à prendre les rênes pour la nuit et n’a pas manqué à sa réputation. Je conseillerais vivement, à quiconque veut l’entendre, qu’il faut voir en action ce leader du deep-digging pour comprendre l’existence de son culte : j’ai eu la chance de le découvrir ce soir-là dans l’intimité du Petit Bain, son organisation sans failles et son comité. La rencontre a été parfaite.

Loriane Bénard

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