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Guillaume Martial : dialogue entre l’architecture et les hommes

Guillaume Martial est né en 1985 en Normandie. Sa série de photographies, intitulée Parade, est actuellement visible au sein de la très belle exposition collective « France(s) territoire liquide » au Tripostal à Lille.

Au travers de dix images, Guillaume Martial questionne la place de l’humain dans l’espace urbain et tente, selon ses propres mots, de « faire dialoguer l’architecture et les hommes ». Qu’est-ce qui attire, qui séduit irrémédiablement dans ces clichés en noir et blanc ?

La silhouette, série : Parade  © Guillaume Martial
La silhouette, série : Parade © Guillaume Martial

Il se dégage de ces photographies une fantaisie et une poésie un brin absurdes qui ne peuvent que ravir les adorateurs de Jacques Tati. Pour mieux comprendre ces fines distorsions burlesques, il faut sans doute remonter le fil de la carrière de Guillaume Martial. Vidéaste de formation, il a réalisé plusieurs courts-métrages. On retiendra 1+1=3 primé à Caen en 2006 ou Le poisson rouge, lauréat d’un Premier Prix jury professionnel à Jeumont en 2007. Si Buster Keaton et Jacques Tati font partie de ses références cinématographiques, il cite également le surréalisme belge et le nouveau cirque contemporain comme principales sources d’inspiration.

C’est à partir de 2008 que Guillaume Martial se tourne – avec succès – vers la photographie. Pendant deux ans, il sillonne Montpellier et va à la rencontre de tout ce que la ville languedocienne compte de petits mécaniciens, électriciens auto, carrossiers ou orfèvres en voitures de collection. Le résultat de ce témoignage photographique a été publié en 2010, sous le titre Le Petit Garagiste, aux Editions Singulières. En 2012, il obtient le Prix SFR Jeunes Talents et expose à l’Hôtel de ville de Paris. L’année suivante, il est récompensé du Prix du jury au MyProvence Festival.

Les piliers, série : Parade  © Guillaume Martial
Les piliers, série : Parade © Guillaume Martial

Face à Parade, le visiteur est un peu désarçonné, troublé : réel ou fiction ? La frontière est pour le moins ténue. Il faut dire que Guillaume Martial ne se limite pas à photographier des lieux insolites, il place des individus (souvent lui-même) dans le cadre pour mieux rendre compte de ces étrangetés architecturales. Son processus créatif est bien rodé : repérages à vélo, choix de constructions aux formes très graphiques, puis mise en scène de son personnage. Mais souvent, une fois capturée, l’idée de départ déçoit. Aussi, le photographe multiplie les essais avant de parvenir à produire une image forte.

L’observatoire # 1, série : Parade  © Guillaume Martial
L’observatoire # 1, série : Parade © Guillaume Martial

Si le résultat final dépasse la simple représentation du réel, Guillaume Martial est formel : pour lui, cela reste de la « photo documentaire ». Et derrière l’aspect naïf ou burlesque, toujours la même question en creux : comment l’homme peut-il s’adapter à son environnement urbain et se l’approprier ?

Emilie Damour

Exposition France(s) Territoire Liquide
Festival Les Transphotographiques -
Tri Postal – Lille – Du 5 juin au 6 juillet 2014

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